Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/293

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LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


            Donnait à manger au moulin,
            Qui tournait comme un vent d’orage,
            Et qu’enfin, lasse de ce jeu,
            Il la vit briller comme un feu
            Qui dévore une vieille planche ;
            Qu’alors s’envolant, elle dit :
            « Puisqu’il est aujourd’hui dimanche,
            J’ai dû mettre mon bel habit. »

            On ajoute à cette fadaise
            Que tout l’enfer dernièrement
            La baisa successivement
            La nuit au pied de la falaise ;
            Que vous évoquiez les démons,
      Dont vous savez et les rangs et les noms,
            Pour leur faire ce sacrifice,
Et qu’enfin cette nuit vous fîtes mille efforts
            Pour tirer de cette novice
            Sa bienvenue en votre corps.

— Si tout cela était vrai, interrompis-je, je serais le plus habile homme du monde, et je vous aurais épargné la peine de me secourir. Il y a longtemps que je serais à la Basse-Terre ; et le Dos-d’Âne, au-dessus duquel je me serais élevé, ne m’aurait point fatigué au point que je le suis. Mais il n’y a rien de surnaturel dans mes productions ; il y a seulement de l’imprudence et de l’indiscrétion, et je ne crains point mes faux témoins.

            Celui qui peut me faire injure
            Pour m’être un peu trop récréé