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L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


   Déjà par deux fois revenue
   De l’enthousiasme amoureux,
   Amarante formait des vœux
   Pour une troisième venue.
   Elle y conviait Céladon
   D’une aimable et tendre façon,
  Par des soupirs tout remplis de tendresse ;
   Ses bras qu’elle lie à son cou
  Semblaient lui dire : « Encore un coup,
   Encore un petit coup de fesse ! »
   Céladon était énervé,
Et voulait s’arracher des bras de sa maîtresse,
   Mais quand il eut un peu rêvé,
   Il trouva l’action tigresse,
   Et rappelant de sa vivacité
   La défaillante pécheresse.
  Il lui donna le petit coup de fesse
   Dont elle avait nécessité.


Amarante, qui voulait reconnaître la peine que Céladon avait prise pour elle, tira un diamant de prix qu’elle avait au doigt et lui en fit présent, et après s’être mutuellement réitéré l’éternité de leur flamme, la gaillarde prit congé de lui,


   Et marchant la tête baissée
Alla dans leur étui remettre tes appas,
   Sans faire le moindre faux pas.
Tant elle avait été soigneusement graissée.


Céladon était encore hors d’haleine lorsqu’il vit paraître Marcelle ; cette jeune femme avait les yeux de