Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/52

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

38
L’ŒUVRE DE P.-CORNEILLE BLESSEBOIS


   Il approcha l’adorable Marcelle,
    Il s’assit mollement sur elle,
   Et sur son teint de rose et de lis
Il promena longtemps sa lascive prunelle
   Dont les rayons paraissaient affaiblis ;
   Et puis portant sa bouche criminelle
    D’avoir jusque-là différé,
Sur la bouche et les yeux de cette aimable belle,
La renversant après, d’une façon nouvelle,
   Dessus son lit d’œillets paré,
   Le mal fut bientôt réparé.
   L’on m’a dit, et cela peut être,
   Qu’Alcidon la baisa trois fois ;
   Pour moi constamment je le crois,
   Car je sais qu’il travaille en maître.
   Ceux-là dont l’incrédulité
 Sur cette matière s’épanche
  S’en peuvent éclaircir avec impunité ;
   J’estime Marcelle assez franche
   Pour leur dire la vérité.


Quoi qu’il en soit, Marcelle sortit très satisfaite ; et le soir même elle envoya un tailleur chez Céladon prendre la mesure d’un habit très galant qu’il vêtit deux jours après.


   Lecteur, reprends un peu haleine :
   La prose n’est pas mon talent ;
   Mon style en vers est plus coulant
   Et me donne bien moins de peine.
   Dans quelque temps j’achèverai
   Cette imparfaite historiette,