Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/87

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LE RUT OU LA PUDEUR ÉTEINTE



   Les hommes, redoutant son bras,
   Appendent au clou de sa gloire,
   Et l’endroit qui porte ses pas
   Est le séjour de la victoire,

   Quand il articule la voix,
   Il laisse échapper des oracles ;
   L’on ne peut nombrer ses miracles
   Sans savoir la règle de trois.

   Il est l’Apollon et les Muses,
   Le Parnasse et ses doux ruisseaux,
   Les acquises et les infuses
   Remplissent ses couplets nouveaux.

   Tout ce qui vit en la nature
   Obéit dès qu’il a parlé.
   Devine, après cette peinture,
   À qui mon cœur s’est envolé.


— Vraiment, mademoiselle, répondit Hïante, je serais bien stupide si j’ignorais maintenant que Céladon, ce beau prisonnier, est celui pour qui vous soupirez ; je ne connais ici personne qui soit plus aimable que lui et dont le mérite ait un empire plus absolu. Je m’étais toujours bien douté que la fortune ne vous gardait rien de mauvais, et je ne voudrais pas, pour beaucoup, que vous m’eussiez fait un secret d’une nouvelle si agréable.

— Je suis ravie, repartit Dorimène, de voir que tu entres dans mes sentiments, car j’aurai besoin de ton service et tes conseils ne seront pas de petite efficace