Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/97

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LE RUT OU LA PUDEUR ÉTEINTE


celle de l’autre était d’un plus beau bleu que la voûte du ciel. Mais leur surprise fut extrême lorsqu’ils entendirent de leur bouche que la passion de venger ce qui s’était passé le soir précédent entre Dorimène, Hïante et eux les avait amenés là. Céladon, prenant le premier la parole :


   « Quel est le sujet de leur plainte,
   Leur dit-il, sans vous emporter ?
   Vous pouvez nous parler sans feinte,
Nous ne sommes pas gens à les mécontenter ;
   Cela soit dit sans nous vanter,
   Nous avons l’âme plus humaine,
   Et certain penchant nous entraîne
À plaire à qui nous vient dans nos fers visiter. »


Combien que Poquet n’eut jamais encore essayé de parler en Phébus, il prit ensuite la parole en ces termes :


   « Je ne crois pas que Dorimène
   Ait mal vu ma réception ;
  J’ai travaillé jusques à perdre haleine,
  D’un v.. de côte de baleine,
À fourrer en son corps la propagation. »


« Je la crois trop raisonnable, continua-t-il, après s’être un peu essuyé le visage de la sueur que lui avait causée un si long voyage au Parnasse, pour vouloir imaginer quelque plainte à mon désavantage : je l’ai reçue le plus amoureusement qu’il m’a été possible,