Page:L’Alcoran (traduction de Du Ryer).djvu/232

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224 L’ALCORAN.  

le deffendre ? ils l’ont mené le matin avec eux, & l’ont jetté dans un puy. Nous luy avons inſpiré de leur prophetiſer ce qui leur arriveroit du mal qu’ils luy feroient, mais ils ne l’ont pas ſçeu comprendre ; Ils ſont retourné le ſoir en la maiſon de leur pere avec les yeux pleins de larmes ſimulées ; & luy ont dit, mon pere;, nous joüions et courions à qui couroit le mieux, Joseph eſtoit demeuré auprés de nos hardes, le loup eſt venu qui l’a mangé, tu ne nous veux pas croire encore que nous te diſions la verité, alors ils luy ont monſtré la chemiſe qu’ils avoient enſanglantée, c’eſt vous, dit-il, qui avez fait cela, vous en reſpondrez devant Dieu, il eſt mon protecteur , & prit patience ſans crier. Il paſſa ce jour une caravane[1], auprés de ce puy qui voulut puiſer de l’eau pour boire, ils deſcendirent le ſeau dedans, auquel Joseph s’attacha pour ſortir, ils luy donnerent des habits , ils l’emmenerent ſecrettement, & le vendirent à bon marché argent comptant ; ils ne le voulurent pas tuer, en quoy ils furent gens de bien. Celuy qui l’achepta en Egypte commanda à ſa femme d’avoir ſoin de luy, qu’il ſera un jour utile à leur ſervice & leur ſervira d’enfant ; Ainsi nous avons eſtably Joseph au pays d’Egypte, & luy avons enſeigné l’explication des ſonges, ton Seigneur eſt tout-Puiſſant, mais peu de perſonnes le cognoiſſent : Lors que Joseph à eſté arrivé en l’aage de la virilité, nous luy avons donné la ſcience & la prudence, ainsi nous recompenſons les gens de bien, La femme de ſon

  1. Les levantins appellent caravane un nombre de perſonnes aſſemblées pour voyager enſemble.