Page:L’Alcoran (traduction de Du Ryer).djvu/233

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
  DE MAHOMET. 225

de ſon Maiſtre ſut amoureuſe de ſa beauté, elle l’enferme un jour dedans ſa chambre & le voulut ſolli(ci)ter d’amour, Dieu me garde, dit-il, de trahir mon Maiſtre, & d’eſtre impudique (il eſtoit au nombre des gens de bien) & ſenfuir à la porte, ſa Maiſtreſſe courut apres luy, & defchira la chemiſe par le dos pour l’arreſter ; elle rencontra ſon mary derriere la porte auquel elle dit, que merite autre choſe celuy qui a voulu deshonnorer ta maiſon, ſinon d’eſtre mis prifonnicr, & d’eſtre rigouruſement chaſtié ? Seigneur, dit Joſeph, elle me ſollicite, cét enfant qui eſt dans le berceau & qui eſt de ta parenté en ſera teſmoin : alors l’enfant qui efloit au berceau dit, ·Si la chemiſe de Joſeph eſt deſchiree par devant, elle dit la veriré & Joſeph eſt menteur, ſi la chemiſe eſt déchiree par derriere, Joſeph dit la verité & elle eſt menteuſe. Lorſque ſon mary vit la chemiſe deJoſeph déchiree par derriere il connut qu’il y avoit une grande malice, & dit à Joſeph, prens garde a toy, & garde que cette affaire ne s’evente : Toy, parlant a la ſemme, demande pardon de ta faute, tu es veritablement coupable. Les femmes de la Ville diſoient entr’elles que la femme du riche eſtoit amoureuſe de fon valet, qu’elle l’avoit prié d’amour, & qu’elle s’eſtoit devoyee du droit chemin, ce qu’ayant appris, elle leur fit un tres-beau feſtin, & fit entrer Joſeph dans la ſalle où elles eſtoient lors qu’elles coupoient de la viander, elles furent tellement ſurpriſes & interdites de la beauté de Joſeph qu’elles ſe coup-