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L’ANARCHIE PASSIVE

retenant chaque tissu avec ses cellules dans des limites déterminées.

On a souvent comparé l’organisme animal ou humain à un corps social, et cette comparaison offre vraiment quelque justesse ; mais ce qui mérite surtout d’arrêter l’attention, ce sont les lois qui gouvernent la vie d’un organisme animal, car le milieu social étant constitué par un nombre plus ou moins grand de ces organismes, les lois qui les gouvernent doivent nécessairement influer sur la société entière, par la simple raison que ce qui régit les parties séparées doit aussi influer sur le tout complexe, formé de ces parties séparées. Le fait le plus intéressant de la biologie expérimentale est celui qui démontre qu’un organisme qu’on oblige à mourir de faim, emploie tous les sucs nutritifs disponibles pour maintenir aussi longtemps que possible les organes les plus indispensables à la vie dans un état parfait ; et par conséquent nous voyons avant tout disparaître le tissu adipeux, puis les muscles et les tissus qui travaillent le moins, tandis que le cœur, les muscles de la respiration, les yeux et surtout