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L’ANARCHIE PASSIVE

La fougue passionnée du comte Tolstoï l’a tellement entraîné, qu’il laisse même tomber pour un moment le masque du vrai chrétien, et il se montre dans toute sa brutalité vraiment païenne, car non seulement il n’est pas permis à un chrétien, mais il n’est pas même permis à un homme bien élevé de reprocher à un homme, — un frère, — de lui reprocher sa maladie ! La maladie de nos semblables doit nous inspirer de la pitié, de la compassion, mais jamais un esprit élevé, un esprit philosophique ne peut chercher dans la maladie d’autrui un motif d’offense, un motif d’opprobre et de moquerie. Railler un homme malade, lui jeter à la face la remarque méprisante qu’il est malade ! C’est vraiment digne d’un sauvage, mais non d’un écrivain comme le comte Tolstoï. Et cependant il ne se contente pas de reprocher sa maladie à l’empereur Guillaume, il lui lance encore l’invective de « misérable, » sans même préciser pourquoi.

Dans un livre sérieux, dans un livre qui prétend expliquer les vérités sublimes de la doctrine du Christ, toutes les invectives,