Page:L’indépendance de la Corée et la paix.djvu/38

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« Des détails sur le massacre de Cheam-Mi, furent recueillis par le correspondant de l’ « Associated Press » qui visita les lieux en compagnie de Raymond-S. Curtis le Vice-Consul Américain à Séoul, et de M. Underwood, un missionnaire Américain. Par la suite le correspondant renouvela sa visite avec M. Royce, le consul Britannique…

« Décrivant sa visite à Cheam-Mi, le correspondant de Séoul écrit que, lorsqu’ils demandèrent aux habitants des villages environnants pourquoi tel hameau avait été brûlé, on leur répondit que c’était parce qu’il y avait une église chrétienne et des indigènes chrétiens. Lorsque nous atteignîmes l’endroit qui fut un village d’environ quarante maisons, nous en trouvâmes quatre ou cinq debout, tout le reste était ruines fumantes. » (Voir phot. VIII.) Il continua : « Nous trouvâmes un corps horriblement brûlé et tordu dans les environs, et un autre, soit d’un jeune homme, soit d’une femme, juste en dehors des dépendances de l’église. Plusieurs groupes de gens avaient été jetés pâle-mêle sous un petit abri de paille sur le versant de la colline avec les objets qui leur appartenaient pitoyablement assemblés autour d’eux. C’étaient pour la plupart des vieilles femmes avec leurs objets familiers ou des jeunes mères avec leurs bébés… La veille de notre arrivée des soldats vinrent au village et donnèrent l’ordre à tous les hommes chrétiens de se réunir à l’église. Quand ils furent au nombre de trente environ, les soldats ouvrirent le feu sur eux et ensuite, entrant dans l’église, les achevèrent à coups d’épées et de baïonnettes. Après quoi ils mirent le feu à l’église et aux maisons… »

« Le groupe des voyageurs ayant à sa tête le consul Britannique visita ensuite Soochun et trouva le village brûlé. Les Coréens dirent aux visiteurs qu’ils avaient été éveillés dans la nuit par le feu mis à leurs maisons, quand ils s’enfuirent ils furent poursuivis, l’épée et la baïonnette aux reins ou fusillés. Cinq autres villages des environs furent l’objet de mêmes massacres.


Les crimes japonais dans le nord de la Corée. — Le révérend Stacy L. Roberts, un missionnaire presbytérien Américain vivant à Pyen-Yang a, dans un rapport, certifié que plus de cent Coréens avaient été fusillés ou battus à mort à Tyung-Ju et qu’une église y fut incendiée par les Japonais. Dans un autre village, 8.000 miles plus loin, une autre église chrétienne et une académie pour garçons furent brûlées.

Les lignes suivantes sont extraites d’un rapport signé par un missionnaire Américain vivant en Corée :

« La visite des femmes… est des plus humiliante et déshonorante… Les Japonais… mettent les femmes Coréennes à la question, ceci, remarquez-le bien, avant qu’elles ne soient condamnées. Elles sont mises absolument nues, non dans la pièce où l’on doit les questionner, mais dans celle où elles sont détenues, et cela par des gendarmes. De là elles doivent passer à travers une cour ouverte où elles peuvent être vues par n’importe qui. Elles sont traduites devant des hommes naturellement, pour être soumises à l’examen le plus dégradant qui soit au monde. Les jeunes filles célibataires aussi bien que les femmes de la Bible (femmes qui prêchent dans les familles et vendent des Bibles) ayant vécu dans des milieux raffinés, avec tous les égards dus à leur sexe ont été ainsi outrageusement traitées. On les appelait mauvaises femmes dans les termes les plus révoltants, simplement pour avoir crié dans la rue : Hourrah pour la Corée !

« À quelques femmes qui essayèrent de se couvrir de leurs mains on les leur attacha dans le dos. Une quêteuse eut le bras arraché de la sorte. Quelques jeunes filles après l’odieux examen reçurent l’ordre de se mettre à quatre pattes et défaire ainsi le tour de la pièce, en se figurant qu’elles marchaient sur des miroirs et en se disant qu’elles avaient l’air très jolies !

Mais ceci n’est pas tout, quelques-unes furent frappées à coups de pieds dans l’estomac et traitées férocement par ces êtres diaboliques ; elles furent traitées connue on eût fait de vaches, puis empalées.

« Dans quelques secteurs de la campagne les femmes ne sont pas en sûreté dans leurs maisons pendant le jour. Elles passent leur temps sur les collines et rentrent chez elles seulement vers la nuit. »


Témoignages individuels. — Un autre étranger donne cet échantillon suivant de ce qu’il a vu personnellement des brutalités Japonaises :

1o Les petits garçons cruellement frappés et battus par les soldats ;

2o Les soldats s’arrêtent et délibérément font feu sur une foule où il n’y a que des jeunes filles et des femmes qui crient simplement « Vive la Corée » ;

3o Un petit garçon de 10 ans fusillé dans le dos ;

4o Un vieil homme de 65 ans broyé, frappé à coups de pied, battu par plusieurs soldats Japonais ;

5o Une vingtaine environ d’écolières qui marchaient tranquillement sur la voie publique, sans même crier, furent chassées par des soldats, frappées à coups de crosses, renversées et traitées si honteusement que cela vous met le sang en ébullition ;

6o Des pompiers Japonais pourchassant des garçons et des filles avec des crochets de fer, essayant de les attraper et de les bousculer ;