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nage pour la Terre-Sainte : c’était la dévotion des grands barons à cette époque. Il n’avait qu’un fils bâtard, le petit Guillaume ; c’est celui qui, depuis, devint célèbre par la conquête de l’Angleterre. Robert confia la tutelle de son fils mineur et la garde de son duché de Normandie à son cousin Alain, duc de Bretagne, et partit pour Jérusalem.

Mais Robert ne devait pas revoir son pays ; il mourut à Nice, l’an 1036, en revenant de son voyage d’outre-mer.

Alain, fidèle aux engagements qu’il avait pris, mit tous ses soins à maintenir la subordination des barons normands pendant l’absence de leur suzerain, et à conserver intact à son pupille l’héritage paternel. Mais il mourut à la peine ; car c’était une farouche et indomptable race que cette chevalerie normande ; elle rappelait encore, par ses mœurs violentes, les pirates ses ancêtres. Les Chroniques du temps racontent que le duc Alain de Bretagne fut empoisonné à Westmoutier : on avait fait croire au jeune Guillaume que son tuteur travaillait à le trahir et à lui enlever la Normandie, en se substituant à sa place comme l’héritier légitime du sang des ducs normands.

C’est en 1040 que mourut Alain III, et l’abbaye de Fécamp abrita ses restes auprès de ceux des deux Richard, l’un son oncle et l’autre son aïeul.

Son épitaphe, conservée au chapitre abbatial de Fécamp, a été publiée par les bénédictins ; elle célèbre sa haute origine, la beauté de ses traits, sa vaillance, sa libéralité et sa piété :

« Alanus fuit iste comes, Britonumque levamen
    « Cui divina manus propitietur ! Amen !
« Sanguine præclarus, facie speciosus, in armis
    « Præceps, diffusus munere, corde pius. »

Tel fut le prince qui attacha son nom à la fondation de l’abbaye bénédictine de Saint-Georges de Rennes.

De sa femme, Berthe de Chartres, Alain avait eu Conan,