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munités et des droits de l’abbaye ; il prêta à sa tante Adèle l’appui de son pouvoir souverain et tint la main à réprimer les entreprises injustes de quelques vassaux rebelles ou de certains seigneurs voisins des possessions du monastère, et qui voyaient d’un œil de convoitise sa prospérité. Quand ces droits et ces privilèges étaient contestés ou violés, quand les chartes de concessions étaient l’objet de chicanes et de revendications jalouses, c’était au duc ou comte qu’appartenait la charge de juger ces procès, qu’on appelait « calenge » ou « chalenge » — calumnia. Le suzerain se faisait assister de cinq ou six juges pris parmi ses barons ; la preuve par témoins était invoquée et terminait la discussion ; parfois le serment était déféré ; et la sentence qui déboutait les réclamants mal fondés les condamnait à fournir des cautions dites fidejussores, qui garantissent la justice seigneuriale et la partie adverse contre le renouvellement de prétentions déclarées insoutenables.

On trouvera dans notre Cartulaire des arrêts de cette espèce, l’un rendu par le duc Conan II, l’autre par le comte Geoffroi, dans des causes relatives aux rentes et aux redevances de Pleubihan.

Après la mort de Conan, son beau-frère Hoël, époux de Havoise de Bretagne, et déjà comte de Cornouailles et de Nantes, avait ceint la couronne ducale ; il la transmit à son fils Alain IV, dit Alain Fergent. Ici reparaît avec lui une autre Adèle de Bretagne, sa sœur, qui fut aussi abbesse de Saint-Georges. Elle fut la quatrième dans la série des abbesses, et commença en 1085 son gouvernement, qui dura soixante-huit ans, car elle ne mourut qu’en 1152.

En sa considération, le duc Alain, son frère, ratifia et confirma tous les bienfaits, toutes les concessions de ses prédécesseurs au profit de l’abbaye ; il y ajouta l’abandon de tous ses revenus sur les produits des vignes de Quimper-Corentin, — totum vinagium — et d’autres droits de suzeraineté qu’il