Page:La Boétie - Œuvres complètes Bonnefon 1892.djvu/123

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38 ESTIQENNE DE LA BOÉTIE l_iberalité qui, le lendemain, eltant contraint cl’aban> donner fes biens à leur auarice, les enfans à la luxure, fon lang mefmes à la cruauté de ces magniliques ` ·empereurs, ne diloit mot, non plus qu’vne pierre, ne le remuoit non plus qu’vne louche. Touliours le 5 populaire a eu cela: il elt, au plailir qu’i1 ne peut honneltement receuoir, tout ouuert & dilïolu, &, .au tort & à la douleur qu’il ne peut honneltement loulïrir infenlible.Ie ne vois as maintenant erfonne 7 P P qui, oiant parler de Neron, ne tremble mefmes au xo lurnom de ce vilain monltre, de celte orde & fale pelte du monde; &. toutesfois, de celui là, de ce boutefeu, ~de·ce bourreau, de celte belte fauuage, on peut bien- dire qu·’apres la mort, aulïî vilaine que fa vie, le noble peuple romain en receut tel defplailir, le fouuenant IS de les ieus 8; de les feltins, qu’il fut fur le point d’en porter le duei_l; ainli1’a efcrit Corneille Tacite, auteur bon SL graue, &. des plus certeins. Ce qu’on n-e trou- uera pas eltrange, veu quecepeuple là mefmesauoit fait au parauant à la mort de Iules Caefar, qui donna zo congé aus lois & à la liberté, auquel perfonnage i1.n’y eut, ce me femble, rien qui vaille, car fon humanité mefmes, que l’on prefche tant, fut plusdommageable quela cruauté. du- plus fauuage tiran qui fuit onques, · vAn1A1~1r1;s 2. a à l'auarice ». peuplelà melmes auoit fait à la mort ` 6. «le p0pulas». de Iules_Ca:l'ar»_. 11. « de celte orde &- falc belte. 21. cxauquel perlonnage ils n‘y ont On peut bien dire >1, (ce mc femble) trouué rien qui vaille 16. « & feltins ». _ que fon humanité, lztquellequoiqubn 18. « & graue des plus, &·cc1·tes la prefchat tant, fut plus dommagea- cr0iz1ble». ble que la plus grande~cruauté·du 19. «_li l‘0n conlidçre,cc.quc,ce plusfauuage Tiran quifuftoncquesm