Page:La Boétie - Discours de la servitude volontaire.djvu/120

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Henri, et, depuis ce règne, il est advenu qu’en faisant le contraire, et ne punissant personne, on n’a pas toutefois amendé l’état des choses. Mais tout est clairement allé de mal en pis, et pour autant qu’il n’est pas dit, si on s’est mal trouvé de suivre une extrémité, qu’il faille sauter à l’autre, ni qu’on soit assuré de s’en porter mieux. Il avait très mal succédé de rechercher les opinions des hommes et de les contraindre à les soutenir au milieu des flammes ; mais comme cette sévérité était inutile, aussi voyons-nous ce qui est advenu d’avoir souffert qu’on fit deux corps et deux collèges d’Église, avec leurs chefs et consistoires. Tout le désordre ne vient d’ailleurs sinon d’avoir enduré d’établir cet ordre, car ç’a été rompre l’union du corps de cette monarchie et bander entre eux-mêmes les sujets du Roi. Depuis en ça on [n’]a cessé de voir misérables meurtres, pilleries, boutte-feux, saccagements, assemblées en armes, forces publiques et une infinité de piteux spectacles inconnus à nos pères et non accoutumés en un État paisible et florissant, comme celui-ci voudrait être ; et maintenant sans doute on ne voit où qu’on se tourne sinon la face d’une extrême désolation et les pièces éparses d’une république démembrée. En cela ne fallait-il point épargner à toute heure le glaive punissant, et exercer la