Page:La Boétie - Discours de la servitude volontaire.djvu/136

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


une autre ; Stancarus(¹) en Pologne de l’office de médiatement propre seulement à la nature humaine du Fils de Dieu. J’en laisse un nombre infini d’autres qui sont les vrais rejetons de l’intérim et de la licence de débattre et prêcher à plaisir de la religion. Ne pensons donc pas permettre deux religions, mais voyons qu’en permettant ces deux nous en permettons tant qu’il en pourra naître, dans l’esprit des gens fantasques et envieux pleins d’ambition. Et à vrai dire, si nous souffrons deux Églises, quelle raison en saurait-on rendre, sinon le nombre de ceux qui en veulent qui est une loi pour jamais qu’il faudra que le Roi donne, et que plusieurs lui demanderont s’ils sont en nombre redoutable ; qu’il advienne que l’opinion du sacrement des églises de Saxe, qui est celle de Luther, se publie en France, comme il est aisé, comment pourra-t-on refuser à ceux qui le tiendront une église, non plus qu’à ceux qui suivent Calvin ? D’être de l’Église romaine ils ne sauraient. Et iront-ils sans faire tort à leur conscience d’être de l’Église de ceux qui tiennent l’opinion Zwinglienne ? Ils ne pourront, l’ayant en horreur. Quel remède sinon de partir encore l’Église de Dieu et y faire une autre pièce, comme les pères à qui il naît d’autres enfants, après le premier testament, qui augmentent le nombre des