Page:La Femme grenadier.djvu/146

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cet état d’immobilité plus de deux heures ; en rouvrant les yeux, je me vis entourée de Dorothée et de M. Durand. Madame Daingreville était dans un coin de l’appartement, dans un abbattement difficile à peindre ; Dorimond, les bras croisés et l’air pensif, cherchait à recueillir mes soupirs pour s’assurer de mon existence. Un domestique, qui m’était inconnu, me soutenait ; ses larmes brûlantes tombaient sur mon sein. À son agitation, à la joie qu’il témoigna quand je repris mes sens, je reconnus Lavalé ; je tournai mes regards languissans sur lui et le remerciai, par un geste, de ses tendres soins. Madame Daingreville s’approcha de moi, me serra dans ses bras, et me demanda pardon d’avoir causé mon accident ; mais que je lui avais persuadé, par mon air résigné, que j’étais instruite : j’exigeai