Page:La Femme grenadier.djvu/180

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ce dormeur ; j’en fus effrayé : la putréfaction commençait à se faire, et j’appris, non sans le plus grand étonnement, que ces bonnes gens étaient convaincus, lorsqu’ils allaient se battre pour leur prêtre, que si ils étaient atteints d’un coup mortel, le curé avait le pouvoir de les ressusciter. Ces bons prêtres, me dit-elle, ne les rappellent pas tous à la vie ; il faut qu’il n’ait jamais murmuré contre la religion pour que le miracle s’opère. Mais je suis bien sure que mon mari n’est qu’endormi ; monsieur le curé me l’a assuré, et j’ai donné mon dernier sac de farine pour l’armée royale, en reconnaissance du service que ce saint homme me rend de rappeler mon mari à la vie.

Cette malheureuse femme nous contait cela avec une bonne foi, qui m’inspirait pour elle infiniment