Page:La Fin d'une légende, ou la Vérité sur l'Arabe, par un vieil Algérien (1892).pdf/23

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Les défauts de cette race sont difficiles sinon impossibles à corriger. Ils résistent même à un premier croisement. Nous avons connu un officier supérieur français qui avait épousé une femme arabe, fille d’un grand chef. Il en eut deux fils ; il leur fit faire leurs études ; ils portaient le costume français et rien ne pouvait faire deviner qu’ils étaient métis.

L’aîné fut placé dans une grande administration financière, le second entra dans l’armée. Le premier fut révoqué pour vol, le plus jeune fut chassé de l’armée et tous deux durent au nom de leur père de ne pas échouer sur les bancs de la cour d’assises ou du conseil de guerre.

Tous les vieux algériens savent que les officiers indigènes des tirailleurs ou des spahis, admis à la retraite, redeviennent aussi arabes qu’avant leur entrée au service. Ils reprennent avec leur burnous, leur turban et leur calotte grasse, toutes leurs anciennes habitudes.

On les rencontrera mangeant avec leurs doigts ou assis sur une natte dans un café maure, fumant une pipe de terre, l’air idiot, paraissant plongés dans de graves méditations et pourtant incapables de songer à quoi que ce soit.