Page:La Fontaine - Œuvres complètes - Tome 2.djvu/71

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Ce n’est pas d’aller à confesse,
C’est de payer ; car, si j’attens,
Je ne le pourray de long-temps ;
Le Frere aura d’autres affaires.
Quoy payer ? La disme aux bons Peres.
Quelle disme ? Sçavez-vous pas ?
Moy je le sçay ! C’est un grand cas,
Que toujours femme aux Moines donne.
Mais cette disme, ou cette aumosne,
La sçauray-je point à la fin ?
Voyez, dit-elle, qu’il est fin !
N’entendez-vous pas ce langage ?
C’est des œuvres de mariage.
Quelles œuvres, reprit l’Epoux ?
Et-là ! Monsieur, c’est ce que nous…
Mais j’aurois payé depuis l’heure.
Vous estes cause qu’en demeure
Je me trouve presentement ;
Et cela je ne sçay comment ;
Car toujours je suis coûtumiere
De payer toute la premiere.
  L’Epoux, remply d’estonnement,
Eut cent pensers en un moment.
Il ne sçût que dire et que croire.
Enfin, pour apprendre l’histoire,
Il se tut, il se contraignit ;
Du secret, sans plus, se plaignit[1],
Par tant d’endroits tourna sa femme,
Qu’il apprit que mainte autre Dame
Payoit la mesme pension :
Ce luy fut consolation.
Sçachez, dit la pauvre innocente,
Que pas une n’en est exemte :
Votre Sceur paye à Frere Aubry ;
La Baillie au Pere Fabry ;

  1. Ces quatre derniers vers sont supprimés dans l’édition de 1685?.