Page:La Fontaine - Œuvres complètes - Tome 3.djvu/65

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LIVRE PREMIER. 61 malicieusement inforinSes de es qualitez, s’imaginant aqUe ce seroit un vieux Roy, qui, ne pouant mteux musoit sa femme avec des.b. ! iou,x. Mais Psich leur en avoit dit des merveilles : Q que la plus ieune d’entre-elles denx ; qu’il avoit la mine d’un Mars. et Dourtant beaucoup de douceur en son procede ; ls traits de visage agreables ; galan[ sur tout. Elles en seroient iuges elles-mesmes non de ce voyage : 1 estoit absent ; les affares de son Estat le retenoient en une Province dont elle avoit oubli nora ; au reste, qu’elles se assent bien d’interpreter l’Oracle h la lettre. Ces qualitez d’incendiaire et d’empoisonneur n’estoient autre chose qu’une enigme qu’elle leur expliqueroit quelque iour, quand les affaires de son poux le hy permettroient. Les deux seeurs coutoient ces choses avec un chagcrin qui alloit iusqu’au desespoir. I1 falut pourtant se ontraindre pour leur honneur, et aussi pour se conserver quelque creance en I esprit de leur cadete : ’cela leur estoit necessaire danl le dssein qu’elles avoient. Les maudites femmes s’estoient proloses de t{mter toutes sortes’de tooyens pour engager leur’seeur h se [ ? erdre, soit en luy donnant de mau,aises impresstons de son mary soit en renouvellant dans son ame le souvenir d’un de ses Areans. Huit iours se passerent en divertissemens continueis, . tofiiours changer : nos envieuses se gard6ient bien de demander deux fois une roesroe chose ; c’eust est faire plaisir t leur seeur, qui de son cost, les accablott de caresses. Moths elles avotent heu de s e nuyer et plus elles s’ennuyoient. Elles auroient pris cong ds le second iour, sans la curiosit de voit ce mary au’elles ne crovoient nv si beau ny si aimable queJtis>it Psichq. Baucoupde raisons le leur faisoient iude la sorte. Premierement les paroles de l’Oracle ; cette pretendue absence, qui se rencontroit