Page:La Fontaine - Fables choisies, Barbin 1692, tome 3.djvu/212

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Non content de ce ſonge il y joint les atômes,
Enfans d’un cerveau creux, inviſibles fantômes ;
Et meſurant les Cieux ſans bouger d’icy bas
Il connoiſt l’Univers & ne ſe connoiſt pas.
Un temps fut qu’il ſçavoit accorder les debats ;
Maintenant il parle à luy-meſme.
Venez divin mortel ; ſa folie eſt extrême.
Hipocrate n’eut pas trop de foy pour ces gens :
Cependant il partit : Et voyez, je vous prie,
Quelles rencontres dans la vie
Le ſort cauſe ; Hipocrate arriva dans le temps
Que celuy qu’on diſoit n’avoir raiſon ny ſens
Cherchoit dans l’homme & dans la beſte