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FABLES CHOISIES.

Le deſtin ſe montra ſoigneux de la pourvoir :
Il vint des partis d’importance.
La belle les trouva trop chetifs de moitié.
Quoy moy ? quoy ces gens-là ? l’on radote, je penſe.
A moy les propoſer ! helas ils font pitié.
Voyez un peu la belle eſpece !
L’un n’avoit en l’eſprit nulle délicateſſe ;
L’autre avoit le nez fait de cette façon-là ;
C’eſtoit cecy, c’eſtoit cela,
C’eſtoit tout ; car les précieuſes
Font deſſus tout les dédaigneuſes.
Apres les bons partis les mediocres gens
Vinrent ſe mettre ſur les rangs.
Elle de ſe moquer. Ah vrayment je ſuis bonne
De leur ouvrir la porte : ils penſent que je ſuis
Fort en peine de ma perſonne.