Page:La Harpe - Abrégé de l’histoire générale des voyages, tome 10.djvu/243

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Verbiest peut servir à faire connaître l’élévation extrême de ce pays. Se trouvant à la suite de l’empereur dans le pays des Mongols, à quatre-vingts lieues au nord de la grande muraille, vers la source du Kargamouran, ce missionnaire calcula que l’on était de trois mille pas géométriques plus haut que la côte maritime la plus proche de Pékin.

Cette élévation considérable est cause que le plateau de l’Asie centrale paraît très-froid en comparaison des pays qui sont sous la même latitude. Des voyageurs dignes de foi, qui ont parcouru cette contrée, assurent qu’au milieu de l’été le vent du nord y est si perçant, qu’on est obligé de se couvrir soigneusement la nuit pour n’en pas être incommodé, et que, dans le mois d’août, une seule nuit produit souvent de la glace de l’épaisseur d’un écu. Verbiest croit pouvoir l’attribuer au salpêtre, dont la terre est si remplie dans le pays des Mongols, que dans le premier endroit où l’on fouille en été, à quatre ou cinq pieds de profondeur, on trouve des mottes de terre tout-à-fait gelées, et même des tas de glaçons.

C’est encore à la hauteur des terres qu’il faut attribuer cette quantité de déserts qui se trouvent dans la Kalmoukie. Les Russes leur donnent le nom de steppes ; mais ils ne sont pas aussi affreux que les Européens se l’imaginent. Si l’on excepte celui de Cobi ou de Chamo, et quelques autres qui sont absolu-