Page:La Landelle - Le Dernier des flibustiers, Haton, 1884.djvu/226

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XV

L’AMBASSADE DES NATIONS.


Béniowski fut bien obligé de notifier aux officiers de sa légion que les commissaires du roi les retenaient au service et les soumettaient aux ordres du major Venturel. Un cri d’indignation s’échappa de toutes les poitrines.

— De grâce, Messieurs, n’aggravez pas la situation, dit le colonel démissionnaire. Inclinez-vous devant la volonté de votre roi.

— Je donnerais un bras, s’écria Rolandron de Belair, pour que Capricorne fût ici avec nous…

Il parlait encore lorsque le valeureux grognard apparut soutenu par Flèche-Perçante, Fleur-d’Ébène et Guy-Mauve Gobe-l’As, tambour de la troisième compagnie.

— Mordious ! fit-il en entrant, garde ton bras, Rolandron, pour une occasion meilleure… Madame la comtesse, pardonnez-moi mon costume un peu négligé… mais j’apprends des choses à faire revenir de l’autre monde des morts de cinquante-sept semaines ! Vous donnez tous vos démissions… vous lâchez Madagascar… vous abandonnez nos alliés !… Tout ça parce que le général se laisse enlever son commandement !… Raisonnons, s’il vous plaît, qui de nous a droit à succéder à notre brave chef ? Moi, n’est-ce pas ?

— Sans contredit ! fit Rolandron.

— Eh bien ! restez-moi fidèles, mille carcasses d’enfer ! Qui gagne temps, gagne tout… – J’ai été gouverneur du Fort-