Page:La Madelène - Le comte Gaston de Raousset-Boulbon, sa vie et ses aventures, 1859.djvu/75

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


que le cuivre, s’y trouvent à l’état vierge, par grandes masses ; l’or y veine les marbres, les pierres y suent le mercure.

Dans les premiers temps de l’occupation espagnole, des colonies militaires, établies sous le nom de présidio, s’élevèrent dans ce groupe de montagnes. Les principaux étaient l’Altar, Tubac, Tuscon, Santa Cruz, Fronteras, dont la capitale Arispe formait le centre, et quelques autres qui dépendaient d’Arispe. L’établissement des missions précéda quelquefois celui des présidios. Ces missions civilisaient de leur mieux les Indiens indigènes, les amenaient à la vie sédentaire, donnaient souvent naissance à des centres importants, et s’entouraient de villages indiens, aujourd’hui disparus.

Les pueblos, petites villes dues à l’industrie individuelle, au groupement volontaire des colons, s’étaient multipliés le long des rivières. Le pays entier était semé de ranchos où florissait l’agriculture pastorale. Des milliers d’animaux couvraient la Sonore[1]. Un nombre considérable de mines extrêmement riches étaient en exploitation. L’abondance régnait partout ; l’or et l’argent circulaient dans toutes les mains ; pueblos, présidios et ranchos jouissaient avant la guerre de l’Indépendance du plus haut degré de prospérité.

Le gouvernement espagnol entretenait dans les présidios des garnisons qui faisaient une guerre incessante aux Indiens Apaches et donnaient au pays cette sécurité qui est le premier des besoins sociaux ; aujourd’hui, avec

  1. La seule mission de Cocospéra en compta jusqu’à 60,000.