Page:La Révolution surréaliste, n02, 1925.djvu/30

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28 REVES buste est un trou noir comme le néant de la substance nue et sans attributs. Parmi la foule amassée autour du piédestal, quelqu’un répète inlassablement : « La reliure du sépulcre solaire blanchit les tombes La reliure du sépulcre., .. etc.. » Entre le sommeil des voix et le règne des statues, une rose enrichit le sang où se baigne le bleu corporel assimilable par fragments. La DèiléSnah-am. saveur des couronnes qui descendent au niveau des bouches closes suggère un calcul plus rapide que celui des gestes instantanés. Les laminaires ont tracé des cercles pour blesser nos fronts. Je pense au guerrier romain qui veille sur mes rêves ; il élève son bouclier à hauteur de mes yeux et me fait lire deux mots : allol et sèpulcrons Si le pari de Pascal peut se figurer par la croix obtenue en développant un dé à jouer, que pourra m’apprendre la décomposition du bouclier ? Depuis longtemps déjà, j’ai arraché fibre à fibre la face du guerrier : j’ai d’abord obtenu le profil d’une médaille, puis une surface herbeuse et un marécage sans presque de limites d’où émergent des fûts brisés. Aujourd’hui je suis parvenu à mettre un nom sur chaque parcelle de chair. Le blanc des yeux s’appelle : courage, — le rose des joues s’écrit : adieu, — et les volutes du casque épousent si exactement la forme des fumées que je ne puis les nommer que : somnifères.