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GRAMMAIRE BRETONNE.

2o K se prononce, üerant a, o, u, coromc cn français C, dans les motsCADEAD, cocuei, CDLOTTK. Exemple» I kuloun, caur ; koll, perlc, kuden, écbcveau, clc. k se prononce, devant e, I, comme en franriis yU, dans les mois giÉitiH, qlel, quttaîice. Exemples : kéré, cordonnier ; kelc’h, cercle ; kiijcr, bouclier, etc.

3o D se prononce comme cn frunrais. exemples : dall, aveugle ; dék, dix ; derô, chêne ; mdd, bon, clc.

4o F se prononce comme cn français. Exemples.- fait, mauvais ; (ek’h, raie ; fdr, sage, etc.

5o G se prononce comme en français devant o, u, u. Exemples : i/ùr, jambe ; ijorréa, élever ; i/dr, aposlùme ; ju/Jan, pincelte. G, devant e, i, se prononce comme en français GU, dans les mots «iébir, uhdkr. Exemples : givt, herbe ; eur ger, une ville ; ninidik, natif, etc.

o H ne se prononce pas : cette consonne ne sert, comme dans les mots français, homme, uo. N. MKUR, iiBHDB, clc, qu’à conscrvet l’étymologie. Exemples : hdd, semence ; kalik. saule i heiit, chemin, etc.

7o CH se prononce comme en français, dans les mots charité, chez, chêne, choix. Exemples : chatal, bétail ; chélu, voici ; choum, demeurer, etc. Celte articulation est toute moderne et on ne l’emploie que par un relAchcmcnt dans la prononciation. J’ai été sur le point de la passer sous silence, et j’y étais d’autant plus porté que, dans les livres anciens, tous les mots bretons qui commencent aujourd’hui par Cil, sont écrits par S, et que, présentement^ encore, les gens âgés prononcent plus souvent sclu que chélu, soum que clwum, etc. J’en ai parle cependant, pour ne rien négliger de ce qui peut peindre la prononciation, même avec ses défauts.

8o C’H a une articulation particulière que nul signe ne peut représenter en français ; c’est la plus difficile de toutes pour les étrangers, et il est impossible de la rendre sans f’avoir entendue de la bouche d’un maître. Cette articulation s’aspire fortement et se prononce du gosier ; elle a le même son que l’aspiration des Allemands dans le mot *r. HT(*). i :,>niplcs : c’hoar, sœur ; e’/ioui, vous ; siVhed, soif ; troue h, coupure, clc. On exerce en ürcta ;;ne les étrangers à cette aspiration, avec cette phrase : C’houec’h merc’h gwerc’h, war c’houcc’U sac’h kerc’h, war c’houec’h marc’h kalloc’h. Ces mots signifient : six filles vieiigbs, ses six sacs d’avoine, sir six chevadx entiers.

9o J se prononce comme en français dans les mots jardin, jaser. Exemples : jaô, monture Javed, mâchoire ;jari(f(, jarret, etc. Ce que j’ai dit du CH peut s’appliquer au J. Cette articulation est moderne. Dans les livres anciens, les mots qui commencent aujourd’hui par J sont écrits par I, et l’on prononce encore aussi souvent iao, iaved et iariid, que jaô, javed, jarilel.

10o L se prononce comme en français. Exemples : lagad, œil ; légeslr, homard ; Icc’h, lieu ; lûa, cuiller, etc.

11o M se prononce comme en français. Exemples : mala, moudre ; mélen, jaune ; màal, chauve ; muzel^ lèvre, etc.

12o N se prononce comme en français. Exemples : nadoz, aiguille ; néirâ, rien ; uerz, force ; mver, nombre ; ?id ;, nuit, etc. Lorsque l’N sera surmonté d’un signe de cette façon, N, on le prononcera comme GX dans les mots français gagner, dignité, grog. nee, etc. Exemples : koaùa, souper ; kiña, écorclicr, etc.

13o P se prononce comme en français. Exemples : pallen, couverture de lit ; pâz, toux : péd, combien ; penn, tête ; pion, qui, etc.

14o R se prononce comme en français Exemples ; raden, fougère ; ré, trop ; rec’h, chagrin ; riboull, pompe, etc.

15o S se prononce comme en français dans les mots salct, sévère, sel, sihk, passion, MEssB, etc. ; mais cette lettre ne se double jamais en breton dans les mots radicaux. Exemples : samm, charge ; sével, lever ; sell, regard ; sivi, des fraises ; bisier, des bâtons ; mésaer, berger, etc.

16o T se prononce comme en français dans les mots talon, témoin, tïran, terre, b. aton, etc. Exemples : taga, étrangler ; tdï, front ; téôd, langue ; terri, rompre ; Ji, maison : mater, servante, etc.

17o V se prononce comme en français. Exemples : eur vdg, un bateau ; ar véz, la honte ; ""iof^T^ ’ ""^ "^ ’ '^" ’^"’ ' "" moulin ; eur vôger, une muraille, etc.

18o Z se prononce comme en français, lorsqu’il commence le mot. Exemples : hé zaoula- 7 À ^*^*, ^’^". C* :’ ! parlant d’un homme) ; hé sivrec’h, ses bras ; hé zourn, sa main, etc. 7, dans le milieu des mots, a le son de l’S français entre deux voyelles. Exemples : néza. bler ; gouzout, savoir ; bézet, qu’il soit, etc. Z,"à la fin des mots, se prononce comme l’S francais, suivi d un e muet, dans les mots d’une seule syllabe. Exemples : Mz, bâton ; iéz, tombe ; biz, doigt, etc. ; mais dans les mots composés de plus d’une syllabe, le Z final a une

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  1. Cette consonne équivaut à l’x espagnol et au y des Grecs modernes. H. V.