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populations existantes dans ses vastes domaines, et, pour cela, non seulement il laissera le champ libre aux explorateurs, savants, missionnaires ou autres voyageurs, allant à la découverte hors des voies frayées par leurs devanciers, mais encore il a promis de les couvrir d’une protection spéciale.

Puis il doit améliorer le sort de ses sujets. Ici il convient de citer les termes mêmes de l’Acte général de Berlin, qui ne concernent pas uniquement l’État du Congo mais qui lui sont applicables. Par l’article 6 de ce traité, ses signataires se sont engagés « à veiller à la conservation des populations indigènes et à l’amélioration de leurs conditions morales et matérielles d’existence, et à concourir à la suppression de l’esclavage, et surtout de la traite des noirs ; ils protégeront et favoriseront, sans distinction de nationalités ni de cultes, toutes les installations et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables, créées et organisées à ces fins, ou tendant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation. » La phrase est un peu longue, mais sa signification est l’essentiel. Elle garantit que, si cette clause est fidèlement observée, les sauvages vont enfin trouver dans les blancs de véritables amis, et non des tyrans ou des exploiteurs, comme c’était le cas jadis partout où il se trouvaient en contact. Il s’est opéré à cet égard, dans les mœurs de notre époque, une heureuse révolution, que l’Acte de Berlin a solennellement consacrée. Elle tend non seulement à faire cesser les cruautés et les injustices d’autrefois, mais à leur substituer une activité bienfaisante. On étudiera de plus près maintenant les misères du nègre et l’on s’efforcera de les soulager. Il y a énormément à faire dans cet ordre d’idées, mais on va y travailler énergiquement, sous l’égide d’un gouvernement paternel, qui mettra lui-même, au service de cette noble cause, toutes les ressources de son administration et toute