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VISAGES DE LA VIE ET DE LA MORT

gémissaient : Notre pauvre mère qui est morte ! la tante Aurélie arriva. Elle était maigre, chétive, miséreuse, vêtue d’une vieille robe noire, chaussée de souliers percés et n’avait que quelques sous dans sa sacoche. Sa tête blanche toute branlante, elle pénétra timidement dans la pièce tendues de draperies de deuil, resplendissante de la lumière des cierges. Un moment elle contempla en silence sa sœur qui reposait calme sur sa couche de satin blanc, au milieu d’un amoncellement de couronnes de fleurs. Alors, songeant au service d’Union de Prières qui l’attendait à sa mort, de sa voix chevrotante, elle remarqua :

— Elle a vécu pauvrement, mais elle s’en va bien richement, bien richement…