Page:Labiche, Delacour, Choler - Les Chemins de fer, 1867.djvu/83

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nous sommes piétinés comme ça une partie de la nuit… C’est ennuyeux, parce qu’elle a de gros souliers… Mon Dieu ! je ne suis pas un don Juan, mais j’ai le sang gaulois… En chemin de fer surtout, j’ai le sang gaulois… J’ai envie de lui offrir deux oranges pour mettre sur sa commode. (Haut à la demoiselle de comptoir.) Mademoiselle, vous ajouterez deux oranges. (Se ravisant.) Combien les oranges ?


La Demoiselle.

Quarante centimes.


Ginginet.

Huit sous ! N’en mettez qu’une. (À part.) Je lui dirai que c’était la dernière.


Le Chef de Gare, s’approchant de Ginginet.

Monsieur arrive de Paris ?


Ginginet.

En ligne directe.


Le Chef de Gare.

Et que dit-on de nouveau ?


Ginginet.

Ah ! il y a des nouvelles. (Mystérieusement.) Il paraît qu’on ne percera pas la rue de Lisbonne.


Le Chef de Gare.

Pourquoi ?


Ginginet.

Je ne sais pas ; on ne nous dit rien !


Le Chef de Gare, le quittant.

Pardon, monsieur.


Ginginet, le saluant.

Monsieur ! (À part.) C’est Colombe, ma bonne, qui m’inquiète, elle ne va pas mieux… Le conservateur des