Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/108

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ACTE IV


Une chambre à coucher chez Beauperthuis. — Au fond, alcôve à rideaux. — Un paravent ouvert au premier plan, à gauche. — Porte d’entrée à droite de l’alcôve. — Autre porte à gauche. — Portes latérales. — Un guéridon, à droite, contre la cloison.


Scène première


Beauperthuis, seul.

Au lever du rideau, Beauperthuis est assis devant le paravent. Il prend un bain de pieds. Une serviette cache ses jambes. Ses souliers sont à côté de sa chaise. Une lampe sur un guéridon. Les rideaux de l’alcôve sont ouverts.

C’est bien drôle !… c’est bien drôle ! Ma femme me dit, ce matin, à neuf heures moins sept minutes : « Beauperthuis, je sors, je vais acheter des gants de Suède. » Et elle n’est pas encore rentrée à neuf heures trois quarts du soir. On ne me fera jamais croire qu’il faille douze heures cinquante-deux minutes pour acheter des gants de Suède… à moins d’aller les chercher dans leur pays natal !… À force de me demander où ma femme pouvait être, j’ai gagné un mal de tête fou… Alors, j’ai mis les pieds à l’eau, et j’ai envoyé la bonne chez tous nos parents, amis et connaissances… Personne ne l’a vue.