Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/34

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Fadinard.

Oui, c’est convenu !… J’allais présenter mes excuses à cette dame et lui offrir de payer le dommage, lorsque ce militaire s’interpose… une espèce d’Africain rageur… Il commence par me traiter de petit criquet !… Sapristi !… la moutarde me monte au nez… et, ma foi, je l’appelle Beni-zoug-zoug !… Il s’élance sur moi… je fais un bond… et je me trouve dans mon cabriolet… la secousse fait partir mon cheval… et me voilà !… Je n’ai eu que le temps de lui jeter une pièce de vingt francs pour le chapeau… ou de vingt sous !… car je ne suis pas fixé… Je verrai ça, ce soir, en faisant ma caisse… (Tirant de sa poche un fragment de chapeau de paille, orné de coquelicots.) Voilà la monnaie de ma pièce !…


Vézinet, prenant le morceau de chapeau et l’examinant.

La paille est belle !…


Fadinard.

Oui, mais trop chère la botte !…


Vézinet.

Il faudrait chercher longtemps avant de trouver un chapeau pareil… j’en sais quelque chose.


Félix, qui s’est avancé et qui a pris le chapeau des mains de Vézinet.

Voyons…


Fadinard.

Monsieur Félix, je vous prie de ne pas vous mêler à mes épanchements de famille…


Félix.

Mais, monsieur !…


Fadinard.

Silence, maroufle !… comme dit l’ancien répertoire.
(Félix remonte.)