Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/389

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Dardard.

Allons donc, jeune brebis !… Pontbichet, quel est l’usage de la douane quand elle saisit des marchandises ?


Pontbichet.

Elle les fait vendre sur place, c’est connu.


Dardard.

Eh bien, moi, je les rachète… au tas ! le prix que je veux… cinq francs le mille… des gants dépareillés, ça n’a pas de valeur. Je ne crains pas la concurrence.


Pontbichet.

Cependant…


Dardard.

À moins que la ville d’Edimbourg ne renferme quarante mille manchots… de la main gauche, ce qui est inadmissible. À Liverpool, même jeu, je rapproche les deux mains et le tour est fait.


Pontbichet, au comble de l’admiration.

Oh ! oh, oh ! tenez, je m’agenouille, je me prosterne… vous êtes le génie de l’industrie !


Dardard.

Eh ! non ! je suis de Bordeaux. (À part.) Je lui ai mis la tête sous l’aile.


Pontbichet.

Monsieur, je ne veux pas d’autre mari que vous, et ma fille n’aura pas d’autre gendre… c’est-à-dire… enfin, j’ai votre engagement signé… je vous autorise à faire votre cour…


Dardard.

Tous de suite… Où est-elle ?


Pontbichet, indiquant la chambre, à gauche.

Ici… mais plus tard… quand elle sera levée.