Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/405

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Médard.

Eh bien, franchement, je n’aurais jamais compris…


Tourterot.

Vous êtes si melons à Châtellerault !


Médard.

Possible ; Mais, quand on s’adresse aux melons… qu’on veut être compris des melons, m’est avis qu’il faut leur parler le langage… melon.


Tourterot.

Cet esclave pourrait dire vrai… Alors, va prendre l’ancien écriteau qui est dans le grenier… Mais que va dire mon fils à son arrivée, en retrouvant sa paternité si rococote !


Médard.

Votre fils ?


Tourterot.

Oui, mon fils, mon moucheron, qui arrive aujourd’hui de Paris, le foyer du beau langage… Il m’appellera perruque… Ah ! dame ! c’est qu’il en pince crânement, lui !… Si tu l’entendais ! quelle platine !


Médard.

À Paris, tout le monde parle donc comme ça ?


Tourterot,

Tout le monde ?… Ah ! non ; les gens de la haute seulement, ceux qui donnent le ton… Il y a dix-huit mois, quand j’ai été passer une quinzaine avec mon jeune homme, alors simple carabin, je sentais mon Châtellerault d’une lieue, j’étais ce que l’on appelle un vrai cruchon ; mais peu à peu je m’y suis mis, je me suis fait présenter dans les meilleures sociétés… Il y avait surtout un ami de César, un nommé le père Lahire… Ah ! les belles