Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/430

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Gélinotte.

Et je le nourris toujours, monsieur ; je le nourris plus que jamais, aujourd’hui. (Avec amabilité.) Sans savoir, hélas ! si j’en serai plus gras !


Poupardin, à part.

La parole de ce garçon est fleurie… Il me plaît, parce qu’il est fleuri… (Haut.) Permettez, jeune homme, votre apostrophe, quoique brusque, n’est pas froissante, et j’avoue tout d’abord que, si ma fille répondait…


Gélinotte.

Oh ! Monsieur !… je me leurre, peut-être… je me berce sans doute… mais il m’a semblé que, pendant mon court séjour à Étampes, Mademoiselle m’avait écouté avec une oreille…


Poupardin, à sa fille, sérieusement.

Tu avais écouté Monsieur avec une oreille ?…


Camille, indifféremment.

Oh ! mon Dieu !…


Gélinotte.

Je croyais pourtant que vous m’aviez vu d’un œil…


Poupardin, à sa fille.

De quel œil avais-tu vu Monsieur ?


Camille.

Ma foi, papa, M. Gélinotte ne me déplaisait pas plus qu’un autre.


Gélinotte.

Doux aveu !


Camille.

Et pourvu que Monsieur n’ait chez lui aucune tête de mort.