Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/496

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Potard, à part.

Il a l’air bien disposé. (Haut.) Cousin, à mon tour, j’ai un service à vous demander.


Lenglumé.

Parle, tu sais bien que je n’ai rien à te refuser.


Potard.

C’est que… il s’agit d’argent…


Lenglumé.

Ah ! il s’agit… (À part.) Il veut me faire chanter ! (Haut.) Voyons… tu es honnête… sois modéré : combien ?


Potard, après avoir hésité.

Quinze cents francs !…


Lenglumé, joyeux.

Pas plus ?

À part, Sur l’air de Voltaire chez Ninon’

Le progrès règne maintenant.
Jadis on ne faisait usage
Que de l’art sublime du chant.
A présent on a… le chantage !

A Potard.

Noble cœur ! de toi je suis fier,
Tu pouvais, sur ta serinette,
Me faire chanter un grand air ;
Tu t’en tiens à la chansonnette !

C’est très gentil ! (Lui remettant deux billets.) Voilà !


Potard.

Ah ! cousin !… tant de générosité !… Tenez, laissez-moi vous remercier !

Il l’embrasse.