Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 02.djvu/129

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



DANIEL, étonné.

Ah bah !


PERRICHON

Oui… je vous remercie de la leçon. (Haut.) Monsieur Armand… vous avez moins vécu que votre ami… vous calculez moins, mais vous me plaisez davantage… je vous donne ma fille…


ARMAND

Ah ! monsieur !…


PERRICHON

Et remarquez que je ne cherche pas à m’acquitter envers vous… je désire rester votre obligé… (Regardant Daniel.) car il n’y a que les imbéciles qui ne savent pas supporter cette charge écrasante qu’on appelle la reconnaissance.

Il se dirige vers la droite ; madame Perrichon fait passer sa fille du côté d’Armand, qui lui donne le bras.

DANIEL, à part.

Attrape !


ARMAND, à part.

Oh ! ce pauvre Daniel !


DANIEL

Je suis battu ! (À Armand.) Après comme avant, donnons-nous la main.


ARMAND

Oh ! de grand cœur !


DANIEL, allant à Perrichon.

Ah ! monsieur Perrichon, vous écoutez aux portes !


PERRICHON

Eh ! mon Dieu ! un père doit chercher à s’éclairer… (Le prenant à part.) Voyons, là… vraiment, est-ce que vous vous y êtes jeté exprès ?