Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 02.djvu/361

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Robert.

Non, ne la dérange pas… Je passais dans le quartier ; je n’ai qu’un instant… il faut que je sois à Bercy à trois heures… j’attends un bateau de charbon.


Ratinois.

Toujours en affaires ! Vous ne vous reposerez donc jamais ?


Robert.

Le plus tard possible… Vois-tu, Ratinois, quand on est venu à Paris avec douze sous dans sa poche… et qu’on a commencé sur le port… car j’ai commencé sur le port…


Ratinois.

Je sais… je sais… (À part.) C’est drôle ! depuis que je vais dans un certain monde, je le trouve commun, l’oncle Robert !


Robert.

Eh bien, je n’en suis pas plus fier pour ça…


Ratinois.

Parbleu ! (À part.) Ses boucles d’oreilles sont odieuses !


Robert.

Parce que je me dis : "L’homme vaut ce qu’il vaut ! "


Ratinois.

Dites donc, ça ne vous gêne pas !…


Robert.

Quoi donc ?


Ratinois, montrant les boucles d’oreilles.

Eh bien, ces machines-là.


Robert.

Non ; je porte ça de naissance… Tu ne les trouves pas jolies ?…