Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 02.djvu/45

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



ARMAND

C’est bien le hasard…


DANIEL

Le papa vous appelle Armand, la mère pleure et la fille vous décoche des phrases bien senties… empruntées aux plus belles pages de M. Bouilly… Je suis vaincu, c’est clair ! et je n’ai plus qu’à vous céder la place…


ARMAND

Allons donc ! vous plaisantez…


DANIEL

Je plaisante si peu, que, dès ce soir, je pars pour Paris…


ARMAND

Comment ?


DANIEL

Où vous retrouverez un ami… qui vous souhaite bonne chance !


ARMAND

Vous partez ? ah ! merci !


DANIEL

Voilà un cri du cœur !


ARMAND

Ah ! pardon ! je le retire !… après le sacrifice que vous me faites…


DANIEL

Moi ? entendons-nous bien… je ne vous fais pas le plus léger sacrifice. Si je me retire, c’est que je ne crois avoir aucune chance de réussir ; car, maintenant encore, s’il s’en présentait une… même petite, je resterais.


ARMAND

Ah !