Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 02.djvu/85

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ACTE TROISIÈME.

PERRICHON, lisant.

Vu le procès-verbal dressé au bureau de la douane française par le sieur Machut, sergent douanier…

Majorin remonte.

ARMAND

Qu’est-ce que cela signifie ?


PERRICHON

Un douanier qui m’a saisi trois montres… j’ai été trop vif… je l’ai appelé « gabelou ! rebut de l’humanité !… »


MAJORIN, derrière le guéridon.

C’est très-grave ! très-grave !


PERRICHON, inquiet

Quoi ?


MAJORIN

Injures qualifiées envers un agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions.


MADAME PERRICHON et PERRICHON

Eh bien ?


MAJORIN

De quinze jours à trois mois de prison…


TOUS

En prison !…


PERRICHON

Moi ! après cinquante ans d’une vie pure et sans tache… j’irais m’asseoir sur le banc de l’infamie ? Jamais ! jamais !


MAJORIN, à part.

C’est bien fait ! ça lui apprendra à ne pas acquitter les droits !


PERRICHON

Ah ! mes amis, mon avenir est brisé.