Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 02.djvu/99

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Scène XI



DANIEL, seul.

Allons donc !… c’est impossible !… je ne peux pas laisser M. Perrichon se battre avec un zouave !… c’est qu’il a du cœur, le beau-père !… je le connais, il ne fera pas de concessions… De son côté, le commandant… et tout cela pour une faute d’orthographe ! (Cherchant.) Voyons donc !… si je prévenais l’autorité ! oh ! non !… au fait, pourquoi pas ? personne ne le saura. D’ailleurs, je n’ai pas le choix des moyens… (Il prend un buvard et un encrier sur une table, près de la porte d’entrée, et se place au guéridon.) Une lettre au préfet de police !… (Écrivant.) « Monsieur le préfet… j’ai l’honneur de… » (Parlant tout en écrivant.) Une ronde passera par là à point nommé… le hasard aura tout fait… et l’honneur sera sauf. (Il plie et cachète sa lettre et remet en place ce qu’il a pris.) Maintenant, il s’agit de la faire porter tout de suite… Jean doit être là ! (Il sort en appelant.) Jean ! Jean !

Il disparaît dans l’antichambre.

Scène XII



PERRICHON, seul. Il entre en tenant une lettre à la main.
Il la lit.

« Monsieur le préfet, je crois devoir prévenir l’autorité que deux insensés ont l’intention de croiser le fer demain, à midi moins un quart… » (Parlé.) Je mets moins un quart afin qu’on soit exact. Il suffit quelquefois d’un quart d’heure !… (Reprenant sa lecture.) « À midi moins un