Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 03.djvu/430

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Adèle, riant.

Ah ! ah ! c’est de la franchise… Vous êtes amateur de peinture ?


Rouquérolle.

Mieux que ça.


Adèle.

Artiste, peut-être ?


Rouquérolle.

Je me le suis laissé dire.


Adèle, allant au chevalet.

Ah ! quel bonheur ! Donnez-moi des conseils, monsieur, et surtout soyez franc !


Rouquérolle, à part.

Elle est gentille ! (Haut.) Franchement, c’est mou, c’est poncif, palette de famille ; ça manque de flou.


Adèle.

De flou ?


Rouquérolle.

Tenez ! voilà un camélia qui ressemble à un coquelicot… Vous voyez coquelicot… moi, je vois vert !


Adèle.

Il faut convenir que vous n’êtes pas complimenteur.


Rouquérolle.

Ah ! dame ! vous avez encore à piocher ! (Lui donnant un pinceau.) Tenez, fourrez-moi des glacis là dedans… et empâtez vos premiers plans ! Empâtez, ferme !


Adèle, travaillant.

Ce n’est pas ma faute… je n’ai jamais eu de conseils…