Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 10.djvu/81

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Martin, furieux.

Sang de Dieu ! passe-moi la bouteille.


Hernandez, la lui donnant.

Allons donc !


Martin, versant le contenu de la fiole dans la tasse que lui présente Hernandez.

Je verse tout, carambo !


Hernandez.

Tout ! c’est peut-être beaucoup… mais le reste aurait été perdu… (Prenant la fiole et lui donnant la tasse.) Maintenant, porte-lui ça.


Martin, prenant la tasse.

Moi-même ? (Il va jusqu’à la porte d’Agénor ; sur le point d’entrer, il s’arrête, et, après un moment d’hésitation, il revient à Hernandez.) Non, vois-tu, c’est plus fort que moi… je ne pourrai jamais lui offrir… nous avons été trop liés.


Hernandez, prenant la tasse.

Donne-moi ça, poule mouillée ! (Il va jusqu’à la porte d’Agénor avec la tasse et s’arrête.) C’est drôle, dans ce pays-ci, ça me fait quelque chose… je crains l’opinion publique.


Martin.

Ah ! tu vois bien ! tu recules aussi !


Hernandez.

Je ne recule pas… je me recueille…


Martin, sentencieux.

Vois-tu, Hernandez, il n’y a que Dieu qui ait le droit de tuer son semblable !


Hernandez, qui est revenu près de Martin.

Tu me suggères une idée… Rapportons-nous-en au jugement de Dieu !