Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/138

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n’avait rien demandé à la métropole était riche et peuplée et pouvait mettre en ligne des forces bien plus considérables que la colonie royale, qui avait coûté, qui coûtait encore à la France d’énormes et d’inutiles sacrifices.

Il en est de même de l’Algérie ; ce ne seront pas trois représentants, noyés dans la Chambre, qui feront sa prospérité ; c’est une administration coloniale indépendante, c’est la liberté, c’est la responsabilité. Qu’y aurait-il de dangereux à donner au moins à la province d’Alger une représentation indépendante, à imiter la sage disposition qui commença la prospérité de la Virginie, il y a deux siècles : laisser la colonie faire ses lois, sauf veto de la métropole, n’y point appliquer d’ordonnances sans l’aveu de l’assemblée coloniale ?

Personne plus que moi n’est convaincu de l’avantage qu’il y a pour nous à posséder une colonie aussi bien située, à y écouler les esprits ardents qui sont un danger ici, qui seront là-bas une gloire et une force ; mais, l’histoire à la main, il est aisé de prédire l’insuccès après tant de millions dépensés, si l’on persiste dans cette fausse politique qui tient les colonies en tutelle. Aujourd’hui surtout que la liberté séduit tous les peuples, parce qu’ils en comprennent les avantages économiques non moins que les avantages politiques, si le courant de l’émigration qui va aux États-Unis ou à Montevideo ne se dé-