Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/147

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Sir William Berkeley était un vieux cavalier dont les opinions arriérées rappelaient les idées régnant à la cour despotique des Tudors, plutôt que celles qu’acceptait la cour de Charles II. C’était l’esprit ancien, qui, à la suite d’une restauration, réagissait sur la société fatiguée et par cela même souffrant tout ; quelques années plus tard, un chef de révolte, Bacon, soutenu alors par l’opinion, se portait accusateur du gouvernement, et lui demandait quels arts, quelles sciences il avait encouragés ? quelles écoles il avait établies ? Mais alors tout était possible ; c’est la suite ordinaire des révolutions de dégoûter de la liberté les esprits faibles ; et, après les rudes secousses qu’avait éprouvées la société anglaise, les colons n’avaient plus d’autre passion que le repos, d’autre soin que leurs intérêts.

Malheureusement, ils furent blessés à cet endroit et de la façon la plus sensible par un acte du parlement anglais, célèbre dans les fastes de la Grande-Bretagne, l’acte de navigation, une mesure de Cromwell, que l’Angleterre a considérée pendant près de deux siècles comme la base de sa grandeur maritime, et qu’elle n’a abandonnée que d’hier.

Cromwell, jaloux de la puissance maritime des Hollandais, qui, suivant l’expression de W. Temple, s’étaient emparés du roulage de l’Océan, et qui faisaient déjà des affaires considérables