Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/165

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Avec une exagération qu’on pardonne aux faiseurs de découverte, et qui s’explique aussi par la beauté de la saison où il vit l’Amérique, Smith peignit ces contrées nouvelles sous des couleurs si brillantes, que le jeune prince, qui fut depuis Charles I, déclara que le pays, dont Smith lui présentait la carte, serait désormais appelé la Nouvelle-Angleterre, nom qui a effacé celui de Virginie, et qui est devenu cher au delà de toute expression aux habitants de ce rude, mais salubre climat.

Ce nom de Nouvelle-Angleterre, qui reviendra souvent dans nos études, a depuis lors désigné tout le pays à l’est de New-York ; c’est-à-dire qu’il comprend les États de Maine, New-Hampshire, Vermont, Massachussets, Rhode-Island et Connecticut. C’est une dénomination un peu arbitraire, car il n’y a jamais eu de province ou d’État de la Nouvelle-Angleterre, mais c’est un titre commode qui comprend sous une même désignation toute une classe de colonies, marquées d’une empreinte commune et qui les distingue du reste de l’Amérique[1].

  1. Le caractère du colon de la Nouvelle-Angleterre s’est conservé dans les provinces primitives, assez pur de tout mélange, pour qu’aujourd’hui encore on distingue le Yankee des autres Américains. Le Yankee (corruption indienne du mot english ou anglais), c’est le colon de la Nouvelle-Angleterre, avec toutes ses qualités comme avec tous ses défauts, c’est-à-dire avec ce caractère âpre et aventureux, mais religieux et moral, qui marque cette race républicaine d’une ineffaçable originalité.