Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/284

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L’exemple du catholicisme florissant aux États-Unis suffit à prouver que cette communion peut vivre dans une république, et il y a même dans la hiérarchie romaine, certaines formes qui, en se développant dans le sens de la liberté, peuvent rapprocher l’organisation religieuse de l’organisation politique, sans qu’il y ait d’altération essentielle dans ce saint édifice consacré par tant de siècles. C’est ainsi qu’une émancipation plus complète qui remettrait au diocèse la nomination ou au moins la présentation de l’évêque, c’est ainsi que des conciles fréquents, indépendants du bon plaisir de l’Etat, toutes mesures qui seraient accueillies avec faveur par le clergé, car elles ne seraient qu’un retour aux libertés primitives, mettraient l’Église plus en harmonie avec les idées du siècle.

Ce que j’ai voulu dire seulement, et ce que je crois véritable, c’est que surtout à une époque où la séparation de l’Église et de l’État n’était rien moins qu’établie (il n’y a encore qu’un pays au monde, l’Amérique, où cette séparation soit complète), il était naturel que chacun, portant dans le monde extérieur les idées qu’il avait reçues dans l’Église, le puritain rêvât l’indépendance comme le catholique la monarchie, chacun prenant son Église pour l’idéal de sa politique, et voulant modeler la cité terrestre sur la cité de Dieu.