Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/368

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Le gouverneur s’indigna de ces prétentions exorbitantes présentées par une colonie qui comptait à peine quelques milliers d’habitants ; il y reconnut les visions des hommes de la Nouvelle-Angleterre ; ce n’était point là le vieil esprit hollandais. Les délégués insistèrent : « Nous ne voulons, disaient-ils, que le bien général du pays et le maintien de la liberté. La nature permet à tous les hommes de se constituer en société, et de s’assembler pour la protection de la liberté et de la propriété. » Stuyvesant à bout d’arguments répondit par un coup d’autorité en ordonnant la dissolution de l’assemblée. « Je tiens mon pouvoir, ajouta-t-il, de Dieu et de la Compagnie des Indes, et non point du bon plaisir d’un petit nombre d’ignorants. »

La Compagnie de son côté approuva le gouverneur ; elle déclara que la résistance à l’impôt arbitraire, était contraire aux maximes de tout gouvernement civilisé : « Nous approuvons les taxes que vous proposez, écrivirent les directeurs à Stuyvesant, n’ayez aucun égard au consentement du peuple. Ne les laissez pas se complaire à ce rêve de visionnaire, que les taxes ne peuvent être imposées que de leur agrément. »

Mais le peuple s’entêta dans son rêve ; on ne put lever les taxes, et les planteurs commencèrent à nourrir avec complaisance l’espoir d’obtenir les libertés des colonies voisines, en se soumet-