Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/453

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qu’on lui présenta, la reine Anne, qui cependant n’avait point de veto sur les lords de la colonie, proclama, de l’avis des avocats de la couronne, que ces actes étaient nuls, et même qu’il fallait examiner si les propriétaires n’avaient pas forfait leurs droits (1707).

De son côté, l’assemblée coloniale annula ces actes malencontreux, et rétablit la tolérance, tout en maintenant la supériorité et les avantages de l’Église établie ; mais il n’en resta pas moins dans la plantation un levain d’irritation qui allait bientôt fermenter.

De là des dissentiments sans nombre, une agitation toujours croissante, et enfin une révolte de la colonie, mais une révolte d’un caractère tout particulier, et qui montre chez ce peuple, vraiment né pour se gouverner lui-même, ce bon sens, cette modération, cet esprit d’ordre qui sont les conditions premières de la liberté.

En 1719, le district du Sud, lassé de l’autorité des propriétaires, résolut de s’en délivrer. Il y avait alors pour gouverneur un homme de mérite et justement populaire, Robert Johnson. L’assemblée, se formant en convention, rejeta un gouvernement oppressif et arbitraire, et déclara que la charte était forfaite ; mais aussitôt on témoigna à Johnson le désir qu’on avait de le conserver pour gouverneur, s’il voulait ne reconnaître d’autre supérieur que le roi.