Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/514

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Rien de plus libre et de plus indépendant, par exemple, que ces grands barons qui formaient le conseil du roi, et ne pouvaient être jugés que par leurs pairs. Rien de plus indépendant que ces chevaliers dont le service était nettement déterminé par l’hommage, soldats volontaires qui pouvaient toujours répudier l’obéissance en renonçant au fief.

Et même, en descendant plus bas, il faut bien se dire que cette organisation étroite des corporations donnait au plus humble des individus des garanties qu’un bourgeois isolé, sans appui et sans défense, ne trouvait point sous François Ier ou sous Louis XIV. Ce n’était pas chose aisée que de molester le bourgeois d’une ville de commune, le clerc admis dans l’Université, le moine ou le prêtre sous la protection de l’abbé ou de l’évêque : à l’instant en effet se dressait devant l’oppresseur une corporation blessée dans ses privilèges, et avec laquelle il fallait compter. Les plaintes perpétuelles de l’Université contre le prévôt de Paris à cause des étudiants, prouvent assez combien ce grand corps était jaloux de ses droits.

Ainsi cette organisation qui nous surprend par son caractère étrange n’était rien moins qu’un despotisme ; au contraire, la liberté y était en mille endroits, cachée, il est vrai ; sous le nom de privilège. Pour enseigner, par exemple, il fallait appartenir à l’Université ; mais dans l’Université régnait la liberté la plus complète. Tout docteur